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Protection sociale micro-entreprise : le guide complet

Tu te demandes ce que tu « gagnes » vraiment en payant tes cotisations sociales à l’URSSAF ? Bonne nouvelle : contrairement aux idées reçues, tu bénéficies d’une vraie protection sociale (mais avec quelques pièges à connaître).

Ta protection sociale en bref

  • Tu es affilié·e à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), gérée par l’URSSAF et la CPAM.
  • Tes cotisations sociales financent ta couverture maladie, ta retraite, tes allocations familiales et ta formation professionnelle.
  • Tu as droit aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, et aux congés maternité/paternité.
  • Tu ne cotises pas pour le chômage : pas d’ARE si tu arrêtes ton activité.
  • Tu dois atteindre un CA minimum pour valider tes 4 trimestres retraite chaque année.

C’est quoi la protection sociale en micro-entreprise ?

La protection sociale, c’est l’ensemble des dispositifs qui te protègent face aux aléas de la vie : maladie, accident, maternité, vieillesse…

En micro-entreprise, tu bénéficies d’une couverture sociale financée par les cotisations que tu verses à l’URSSAF à chaque déclaration de chiffre d’affaires.

(Eh oui, ces fameux pourcentages qu’on prélève sur ton CA ne partent pas dans le vide ! 😅)

Comment ça fonctionne ?

Le principe est simple : chaque euro de CA déclaré te génère des droits sociaux.

Voici ce que couvrent tes cotisations sociales :

  • L’assurance maladie-maternité : remboursement de tes soins de santé, indemnités en cas d’arrêt maladie, congés maternité/paternité.
  • La retraite de base et complémentaire : pour accumuler des droits à la retraite et valider tes trimestres.
  • Les allocations familiales : qui te donnent accès aux prestations de la CAF si tu as des enfants.
  • La CSG-CRDS : contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale.
  • La contribution à la formation professionnelle : qui alimente ton Compte Personnel de Formation (CPF).

Le taux global de tes cotisations varie entre 12,3 % et 25,6 % de ton CA selon ta catégorie d’activité.

À quelle caisse es-tu rattaché·e ?

Tous les micro-entrepreneurs sont rattachés au régime général de la Sécurité sociale, comme les salarié·es.

Concrètement, plusieurs organismes interviennent dans la gestion de ta protection sociale :

  • L’URSSAF : collecte tes cotisations et les redistribue aux différentes caisses.
  • La CPAM : gère tout ce qui concerne ta santé (remboursements, IJ maladie, congés maternité/paternité).
  • L’Assurance Retraite (CNAV ou CARSAT) : gère ta retraite de base et comptabilise tes trimestres.
  • La CIPAV : gère la retraite complémentaire de certaines professions libérales réglementées uniquement (architectes, psychologues, etc.).

L’assurance maladie (remboursement des soins)

Bonne nouvelle : tu es couvert·e exactement comme un·e salarié·e pour le remboursement de tes frais de santé !

Dès que tu crées ta micro-entreprise et que tu déclares ton premier chiffre d’affaires, tu es automatiquement affilié·e au régime général de la Sécurité sociale. Ta carte vitale reste valable, et tu bénéficies des mêmes taux de remboursements que les salarié·es :

  • 70 % du tarif de base pour une consultation chez le médecin traitant,
  • 60 % pour la plupart des médicaments remboursables,
  • 80 % des frais d’hospitalisation (après déduction du forfait journalier).

Le reste à charge (le fameux « ticket modérateur ») n’est pas couvert par la Sécu. C’est là qu’intervient la mutuelle complémentaire santé.

Les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie

Si tu tombes malade ou si tu as un accident, tu peux percevoir des indemnités journalières (IJ) pour compenser ta perte de revenus.

Les conditions pour en bénéficier :

  • être affilié·e à la Sécurité sociale des indépendants depuis au moins 12 mois,
  • être à jour de tes cotisations sociales,
  • avoir un arrêt de travail prescrit par un médecin,
  • cesser toute activité professionnelle pendant l’arrêt (pas de CA pendant cette période).

Le montant des indemnités journalières :

Les IJ sont calculées sur la base de ton revenu annuel moyen des 3 dernières années (après abattement forfaitaire). En 2026, elles vont de 6,56 € à 63,52 € par jour.

Traduction : si tu as eu peu de CA, tu toucheras le minimum. Plus tes revenus ont été élevés, plus tes IJ seront importantes.

(Entre nous, c’est pas Byzance, mais c’est mieux que rien ! C’est pour ça que la prévoyance est importante, j’y reviens plus bas. 😉)

Le délai de carence :

Tu ne touches les IJ qu’à partir du 4e jour d’arrêt. Les 3 premiers jours ne sont pas indemnisés, sauf en cas d’hospitalisation ou d’affection de longue durée (ALD).

La durée maximale d’indemnisation :

Les IJ peuvent être versées pendant :

  • 360 jours sur 3 ans pour une même maladie,
  • 3 ans en cas d’affection de longue durée (ALD).

Au-delà, tu peux éventuellement basculer sur une pension d’invalidité (sous conditions).

Le congé maternité

Si tu attends un enfant, tu bénéficies d’un congé maternité indemnisé, même en micro-entreprise !

La durée :

  • 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant (6 semaines avant, 10 semaines après),
  • 26 semaines à partir du 3e enfant (8 semaines avant, 18 semaines après),
  • Durée allongée en cas de grossesse multiple (jumeaux, triplés…).

L’indemnisation :

Tu perçois 2 aides :

  • L’allocation forfaitaire de repos maternel : un montant fixe, versé en deux fois (au 7e mois de grossesse et après l’accouchement).
  • Les indemnités journalières forfaitaires : versées pendant toute la durée du congé.

Le montant des IJ dépend de tes revenus moyens des 3 dernières années. Comme pour l’arrêt maladie : plus ton CA a été élevé, plus tu touches. Et si tu as eu peu de CA, tu percevras le minimum.

Les conditions :

  • être affiliée à la Sécurité sociale des indépendants depuis au moins 10 mois à la date présumée d’accouchement,
  • être à jour de tes cotisations sociales,
  • cesser toute activité professionnelle pendant la durée du congé (pas de CA déclaré).

Pour en savoir plus : Tout savoir sur le congé maternité en micro-entreprise

Le congé paternité et d’accueil de l’enfant

Les papas (ou seconds parents) ne sont pas oubliés ! Tu as droit à un congé paternité indemnisé, même en micro-entreprise.

La durée :

  • 25 jours pour une naissance simple,
  • 32 jours pour une naissance multiple.

Tu as 6 mois après la naissance pour prendre ces jours.

L’indemnisation :

Comme pour la maternité, tu perçois des IJ calculées sur la base de tes revenus moyens des 3 dernières années. Le montant varie selon ton CA : de 6,45 € à 64,52 € par jour.

Les conditions :

  • être affilié·e depuis au moins 10 mois à la date présumée d’accouchement,
  • être à jour de tes cotisations sociales,
  • cesser toute activité professionnelle pendant le congé.

Pour en savoir plus : Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant en micro-entreprise

La retraite de base

Chaque euro de CA déclaré te permet d’accumuler des droits à la retraite. Mais attention, le système a ses particularités en micro-entreprise !

Le principe :

Tes droits à la retraite sont calculés sur ton revenu après abattement forfaitaire (et non sur ton CA brut). Plus ce revenu est élevé, plus tu valides de trimestres, et plus ta future pension sera importante.

La validation des trimestres :

Pour valider 4 trimestres par an (le maximum), tu dois atteindre un certain seuil de revenu après abattement. Ce seuil varie selon ton activité (vente, services BIC, services BNC) et est réévalué chaque année.

Le calcul de ta future pension :

Ta pension de retraite de base sera calculée selon la formule suivante :

Pension = Revenu annuel moyen × Taux de liquidation × (Nombre de trimestres validés / Nombre de trimestres requis)

Pour en savoir plus : Tout savoir sur la retraite en micro-entreprise

La retraite complémentaire

En plus de la retraite de base, tu cotises pour une retraite complémentaire obligatoire. Cette cotisation s’ajoute automatiquement à tes charges sociales et te permet de bénéficier d’une pension supplémentaire au moment de ta retraite.

Selon ton activité :

  • Artisans et commerçants : tu dépends du régime complémentaire des indépendants (RCI). Ce régime fonctionne par points : chaque année, tu acquiers des points qui seront convertis en pension lors de ton départ à la retraite.
  • Professions libérales réglementées : tu dépends de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse), qui gère la retraite complémentaire de certaines professions comme les architectes, ingénieurs-conseils, formateurs, psychologues, etc.
  • Professions libérales non réglementées : tu dépends du régime général (depuis 2018). Ça concerne par exemple les consultants, coachs, graphistes, développeurs web, etc.

Pour en savoir plus : La retraite complémentaire en micro-entreprise

Les allocations familiales

Si tu as des enfants, tu as droit aux prestations familiales versées par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales). Tu bénéficies des mêmes droits que les salariés ou les autres travailleurs indépendants.

Les principales prestations auxquelles tu peux prétendre :

  • Allocations familiales : versées à partir de 2 enfants à charge.
  • Allocation de rentrée scolaire (ARS) : versée en août pour les enfants scolarisés de 6 à 18 ans.
  • Prime de naissance ou d’adoption : versée au 7e mois de grossesse ou à l’arrivée de l’enfant adopté).
  • Complément de libre choix du mode de garde (CMG) : aide au financement des frais de garde pour les enfants de moins de 6 ans.
  • Allocation de base de la PAJE : aide mensuelle versée de la naissance jusqu’aux 3 ans de l’enfant.
  • Complément familial : pour les familles de 3 enfants ou plus, tous âgés de plus de 3 ans.

La plupart de ces prestations sont soumises à conditions de ressources. Tes revenus pris en compte sont calculés sur ton CA après abattement forfaitaire, ce qui correspond à ton revenu imposable.

La Contribution à la Formation Professionnelle (CFP)

Chaque mois ou trimestre, tu paies une CFP (Contribution à la Formation Professionnelle) avec tes cotisations sociales URSSAF. C’est une petite cotisation (entre 0,1 % et 0,3 % de ton CA selon ton activité) qui finance ton accès aux formations grâce aux Fonds d’Assurance Formation (FAF).

Concrètement, la CFP te permet de te faire financer des formations métier ou certifiantes, des bilans de compétences ou des VAE.

Les montants de prise en charge selon ton FAF :

  • AGEFICE (commerçants et professions libérales non réglementées) : jusqu’à 3 000 €/an.
  • FIF PL (professions libérales réglementées) : jusqu’à 600 €/an.
  • FAFCEA (artisans) : jusqu’à 4 800 €/an.

Condition importante : Tu dois être à jour de tes cotisations sociales et faire ta demande auprès de ton FAF avant le début de la formation. Tu avances généralement les frais et tu es remboursé·e après.

Pour tout comprendre sur la CFP : Contribution à la Formation Professionnelle (CFP) : tout savoir

Ce que tes cotisations ne couvrent PAS

C’est là que ça se complique un peu. Malgré les cotisations que tu paies, certains risques ne sont pas du tout couverts par le régime obligatoire.

L’assurance chômage

C’est LE gros point noir de la protection sociale des indépendants : tu ne cotises pas pour le chômage. ❌

Concrètement, si tu arrêtes ton activité (volontairement ou non), tu n’as pas droit à l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) versée par France Travail.

Les seules exceptions :

La prévoyance (incapacité, invalidité, décès)

Autre réalité à connaître : les indemnités journalières du régime obligatoire sont souvent insuffisantes pour maintenir ton niveau de vie en cas d’arrêt prolongé.

Les limites du régime de base :

  • Incapacité temporaire : IJ plafonnées à environ 60 €/jour maximum.
  • Invalidité : pension versée modeste et rarement suffisante pour compenser la perte de revenus.
  • Décès : capital décès très faible (quelques milliers d’euros seulement).

D’où l’intérêt d’une prévoyance complémentaire. Elle te permet de :

  • compléter tes indemnités journalières pour maintenir ton niveau de vie pendant un arrêt de travail,
  • recevoir une rente mensuelle en cas d’invalidité permanente,
  • garantir un capital décès suffisant pour tes proches (conjoint, enfants, parents…).

(Bref, ce n’est pas super rassurant… mais c’est justement pour ça qu’il faut le savoir tôt et compléter toi-même ta protection. 😉)

Pour en savoir plus : La prévoyance en micro-entreprise

La mutuelle santé

Le régime obligatoire ne rembourse pas 100 % de tes frais de santé. La Sécurité sociale applique des tarifs de base (aussi appelés « tarifs de convention ») souvent bien inférieurs aux prix réels.

Quelques exemples concrets de restes à charge :

  • Lunettes : la Sécu rembourse environ 10 à 30 € pour une paire, alors que le prix réel peut dépasser 300 €, voire plus.
  • Hospitalisation : forfait journalier hospitalier, chambre particulière, dépassements d’honoraires… tout cela reste à ta charge sans mutuelle.
  • Consultations spécialisées : les médecins en secteur 2 pratiquent des dépassements d’honoraires qui ne sont pas remboursés par la Sécu.

Pour tout le reste à charge, c’est à toi de souscrire une mutuelle complémentaire.

Pour en savoir plus : Mutuelle en micro-entreprise : ce que tu dois savoir

En un coup d’œil : ce que la Sécu prend (ou pas) en charge…

RisqueCouvert par la Sécu en micro-entrepriseReste à ta charge / à prévoir
Maladie / arrêt de travailRemboursement des soins + IJ plafonnéesComplément de revenu via un contrat de prévoyance
Maternité / paternitéIndemnités forfaitaires (allocations + IJ)Maintien d’un revenu correct si ton CA est faible
RetraiteRetraite de base + complémentaire obligatoireÉpargne retraite perso (PER, assurance-vie, etc.)
ChômageQuasi aucun droit (hors ATI dans des cas très particuliers)Assurance chômage privée éventuelle + épargne de sécurité
Invalidité / décèsPension / capital de base souvent très limitésPrévoyance pour protéger ton niveau de vie et tes proches
Santé au quotidienRemboursement Sécu selon les tarifs de baseMutuelle santé pour réduire ton reste à charge

Bref, la micro-entreprise t’offre une base, mais pour être vraiment tranquille, complète avec mutuelle, prévoyance et épargne retraite

Comment renforcer ta protection sociale ?

OK, tu connais maintenant les limites du régime obligatoire. Voici les 3 leviers pour te construire une vraie protection.

Souscris une prévoyance

La prévoyance, c’est le complément indispensable pour tout indépendant. Elle te permet de :

  • compléter tes indemnités journalières en cas d’arrêt maladie,
  • percevoir une rente en cas d’invalidité,
  • protéger tes proches avec un capital décès.

Pour aller plus loin : Pourquoi la prévoyance santé est-elle importante ?

Choisis une bonne mutuelle

Compare plusieurs mutuelles en fonction de :

  • tes besoins réels (optique, dentaire, hospitalisation…),
  • le niveau de remboursement,
  • le tarif mensuel,
  • les délais de carence éventuels.

Anticipe ta retraite avec un PER

On l’a vu : tes droits à la retraite en micro restent limités. D’où l’intérêt de te constituer une épargne perso.

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) a plusieurs avantages :

  • Les versements sont déductibles de ton revenu imposable (si tu n’as pas le versement libératoire).
  • Tu prépares ta retraite à ton rythme.
  • Tu peux récupérer ton épargne en capital ou en rente.

Pour en savoir plus : 3 bonnes raisons d’ouvrir un PER en micro-entreprise

Questions fréquentes

🔗 Sources