Ce formulaire a été supprimé ou est indisponible.

Micro-entreprise : avantages et inconvénients

Tu hésites à te lancer en micro-entreprise, et tu veux savoir si ce statut est vraiment fait pour toi ? Je te fais le tour complet des avantages et des inconvénients pour que tu puisses décider en connaissance de cause.

L’essentiel à retenir

  • La micro-entreprise est gratuite à créer et ne nécessite aucun capital de départ.
  • Tu paies des cotisations uniquement si tu fais du chiffre d’affaires.
  • Tu n’as pas besoin de comptable ni de produire un bilan comptable.
  • Tu ne factures pas la TVA tant que tu restes sous les seuils de franchise.
  • Ton chiffre d’affaires est plafonné (77 700 € ou 188 700 € selon l’activité).
  • Tu ne peux pas déduire tes charges ni t’associer avec quelqu’un.

Les avantages de la micro-entreprise

La micro-entreprise a été pensée pour simplifier la vie des entrepreneurs. Et franchement, sur ce point, c’est plutôt réussi. Voici les principaux avantages du statut.

Des formalités gratuites et simplifiées

C’est l’un des gros points forts de la micro-entreprise : tout est gratuit.

La création ? Gratuite. Tu fais ta demande en ligne sur le Guichet Unique, et c’est réglé en quelques minutes. Pas besoin de passer par un avocat ou un formaliste.

La fermeture ? Gratuite aussi. Si un jour tu décides d’arrêter, tu fais ta déclaration de cessation en ligne, et c’est terminé.

Les modifications (changement d’adresse, ajout d’activité, etc.) ? Toujours gratuit.

Et cerise sur le gâteau : pas de capital de départ à déposer et pas de statuts à rédiger. Tu peux littéralement te lancer avec 0 €.

Pour en savoir plus : Créer une micro-entreprise gratuitement : guide étape par étape

Pas de CA, pas de cotisations

En micro-entreprise, tes cotisations sociales sont calculées uniquement sur le chiffre d’affaires que tu encaisses.

Concrètement, ça veut dire que si tu ne fais pas de CA un mois ou un trimestre, tu ne paies rien. Zéro. Nada. C’est quand même rassurant quand on démarre, non ?

Les taux de cotisations sont fixes et connus à l’avance selon ta catégorie d’activité :

  • 12,3 % pour la vente de marchandises (BIC),
  • 21,2 % pour les prestations de services commerciales (BIC),
  • 25,6 % pour les prestations de services libérales (BNC).

Pas de mauvaise surprise : tu sais exactement ce que tu vas payer.

Pour en savoir plus : Cotisations sociales micro-entreprise : calcul et paiement

Le versement libératoire : un avantage fiscal

Le versement libératoire, c’est une option qui te permet de payer ton impôt sur le revenu en même temps que tes cotisations sociales.

Au lieu d’attendre la déclaration de revenus annuelle et de payer ton impôt en une ou plusieurs fois, tu paies un petit pourcentage supplémentaire à chaque déclaration de CA :

  • 1 % pour la vente de marchandises,
  • 1,7 % pour les prestations de services commerciales,
  • 2,2 % pour les prestations de services libérales.

C’est simple, prévisible, et selon ta situation ça peut être très avantageux.

(Spoiler : ce n’est pas intéressant pour tout le monde, mais ça vaut le coup de vérifier !)

Pour en savoir plus : Versement libératoire micro-entreprise : avantages et conditions

Pas de TVA à facturer (jusqu’à un certain seuil)

En micro-entreprise, tu bénéficies de la franchise en base de TVA.

En gros, tant que ton CA reste sous certains seuils, tu ne factures pas la TVA à tes client·es.

Pour les particuliers, c’est un vrai avantage concurrentiel. Ton prix affiché est le prix final, sans TVA à ajouter. Résultat : tu peux être moins cher·e que la concurrence qui facture la TVA.

Les seuils de franchise varient selon ton activité. Et si tu les dépasses ou si tu préfères facturer la TVA dès le départ (pour récupérer la TVA sur tes achats par exemple), c’est tout à fait possible.

Pour en savoir plus : La TVA en micro-entreprise expliquée simplement

Quasi pas de comptabilité

Si tu as une phobie administrative, la micro-entreprise va te plaire !

Pas de bilan comptable à produire chaque année. ❌

Pas d’expert-comptable obligatoire. ❌

Ta seule obligation comptable, c’est de tenir un livre des recettes qui liste tes encaissements.

C’est tout.

Bon, il faut quand même faire tes déclarations de CA à l’URSSAF et ta déclaration de revenus annuelle, mais niveau paperasse, on est vraiment sur le minimum syndical.

Pour en savoir plus : La comptabilité en micro-entreprise

Les inconvénients de la micro-entreprise

La micro-entreprise, c’est super, mais ce n’est pas adapté à toutes les situations.

Voici les principales limites du statut.

Un chiffre d’affaires plafonné

En micro-entreprise, tu ne peux pas dépasser certains plafonds de chiffre d’affaires :

  • 188 700 € pour les activités de vente de marchandises,
  • 77 700 € pour les prestations de services.

Si tu dépasses ces plafonds 2 années consécutives, tu sors du régime micro et tu bascules automatiquement vers le régime réel.

Pour beaucoup, ces plafonds sont largement suffisants. Mais si tu as des ambitions de croissance importantes, ça peut vite devenir une limite.

Pour en savoir plus : Plafonds de chiffre d’affaires en micro-entreprise

Impossible de déduire ses charges

C’est LE gros inconvénient de la micro-entreprise : tu ne peux pas déduire tes charges réelles.

Tes cotisations sont calculés sur ton chiffre d’affaires, pas sur ton bénéfice.

L’administration applique un abattement forfaitaire censé représenter tes frais professionnels :

  • 71 % pour la vente de marchandises,
  • 50 % pour les prestations de services commerciales,
  • 34 % pour les prestations de services libérales.

Concrètement, si tu as peu de charges, c’est avantageux. Mais si tu as beaucoup de frais (achat de matériel, location d’un local, sous-traitance…), le régime réel peut devenir plus intéressant.

Exemple 🔍

  • Sarah, graphiste freelance, fait 40 000 € de CA avec 3 000 € de charges (ordi, logiciels).
  • L’abattement forfaitaire de 34 % lui « déduit » 13 600 € de charges fictives.
  • Elle est gagnante en micro-entreprise. ✅

Exemple 🔍

  • Thomas, artisan, fait 50 000 € de CA, mais a 25 000 € de charges (matériaux, véhicule, local).
  • L’abattement forfaitaire de 50 % lui « déduit » 25 000 € de charges fictives.
  • Il est pile à l’équilibre, le régime réel pourrait être plus intéressant selon sa situation. ⚖️

Pour en savoir plus : L’abattement forfaitaire en micro-entreprise

Pas de cotisation au chômage

En micro-entreprise, tu ne cotises pas à l’assurance chômage. Mais attention, c’est le cas de tous les travailleurs indépendants, pas seulement des micro-entrepreneurs.

Il existe bien l’ATI (Allocation des Travailleurs Indépendants), mais les conditions pour en bénéficier sont ultra strictes. En gros, il faut que ton activité ait été placée en liquidation judiciaire ou en redressement judiciaire, et avoir généré un certain niveau de revenus.

Autant te dire que ce n’est pas une sécurité sur laquelle tu peux vraiment compter.

Pour en savoir plus : L’allocation des travailleurs indépendants (ATI)

Certaines activités sont interdites

Tout le monde ne peut pas créer une micro-entreprise.

Certaines activités sont exclues du régime :

  • les activités agricoles rattachées à la MSA (exploitants agricoles, éleveurs, maraîchers),
  • les professions libérales réglementées qui ne relèvent pas de la CIPAV ou du régime général (avocats, médecins, notaires, experts-comptables),
  • les activités artistiques relevant de la Maison des Artistes ou de l’Agessa (peintres, sculpteurs, illustrateurs, pour la partie droits d’auteur),
  • les activités relevant de la TVA immobilière (marchands de biens, agents immobiliers pour certaines opérations),
  • certaines activités de location (location de matériel, location meublée au-delà de certains seuils).

Avant de te lancer, vérifie bien que ton activité est compatible avec le statut.

Pour en savoir plus : Les catégories d’activité en micro-entreprise

Impossible de s’associer

La micro-entreprise, c’est une forme simplifiée de l’entreprise individuelle.

C’est un statut solo, et c’est très bien comme ça… tant qu’on veut rester seul·e. (Le côté « loup solitaire » du statut, en quelque sorte. 🐺)

Ça ne veut pas dire que tu ne peux pas travailler avec d’autres personnes. Tu peux collaborer avec des freelances, faire appel à de la sous-traitance, ou bosser avec d’autres entrepreneurs. La seule contrainte, c’est que chacun doit avoir sa propre entreprise.

Mais si tu veux créer une vraie société avec des associés (avec partage du capital, des décisions, des bénéfices), tu devras obligatoirement passer en société (SARL, SAS, etc.).

C’est une limite à garder en tête si tu envisages de te développer à plusieurs.

Micro-entreprise : pour qui c’est fait ?

Maintenant que tu connais les avantages et les inconvénients, voici un petit récap pour t’aider à savoir si ce statut est fait pour toi.

La micro-entreprise est idéale si :

  • Tu veux tester une activité sans prendre de risques.
  • Tu as peu de charges professionnelles.
  • Tu veux une gestion administrative minimale.
  • Tu cherches à cumuler avec un emploi salarié, des études ou la retraite.
  • Ton CA restera sous les plafonds.

La micro-entreprise est moins adaptée si :

  • Tu as beaucoup de charges (matériel, local, sous-traitance).
  • Tu veux t’associer avec quelqu’un.
  • Ton activité est interdite en micro.

C’est un super régime pour tester une activité ou te lancer en solo. Et rien ne t’empêche de faire évoluer ta micro vers une société si ton activité décolle.

Mais garde en tête que dans « micro-entreprise », il y a quand même le mot entreprise. 😉 À force de voir partout que « c’est facile et gratuit », on oublie parfois qu’il y a des obligations et des responsabilités derrière.

Questions fréquentes